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[Pv Kaleb.] Armée de l'inconscience.

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April C. Rosenbach
MessageSujet: [Pv Kaleb.] Armée de l'inconscience. Lun 4 Juin - 19:37


« A l'oubli succède l'indifférence de l'oubli
Comme un écho muet qui prolonge la durée
Et augmente l'espace de l'oubli. »
Jacques Ferron



J’avais toujours détesté cette sensation. Celle d’avoir le sentiment de perdre une partie de soi, de se perdre dans l’incompréhension, l’appréhension de l’inconnu. Même les frissons qui parcouraient ma peau n’avaient plus d’importance face aux secondes qui me désemparaient chaque fois, les battements de mon cœur résonnant dans ma tête telle une douleur que je ne contrôlais pas. J’avais toujours voulue ressentir la sensation de l’oubli, mais elle ne restait plus désormais que la simple peur de ne plus être soit même. Seul le froid me poussait à ouvrir les paupières, mes lèvres laissant échapper un soupir alors que je me redressais lentement pour m’asseoir. La chair de poule sur mes bras laissait parcourir quelques frissons sur ma peau alors qu’en silence j’arpentais la pièce des yeux. Ce n’était qu’une cage d’acier m’apparentant à cette créature que je ne connaissais pas, laissant vivre en moi la naissance de l’impureté.

La clef avait disparue, le clou qui était censé la maintenir restant vide. Je n’aurais sans doute pas dû la mettre aussi près… J’avais mis tellement de temps à trouver une place où elle serait en sécurité et où je pourrai l’atteindre. Malheureusement je n’avais pas été assez rusée pour imaginer les conséquences de la mettre aussi proche de la cage. Elle avait roulé à terre, me narguant de sa brillance un peu plus loin. J’aurai maudit Demetri pour ça… C’était la première fois qu’il me laissait seule pour une pleine lune, un cas sans doute plus important l’ayant amené à m’abandonner ici. Seulement je détestais jusqu’à cet endroit, le manque de soleil et l’isolement me coupant du reste.

Je m’approchais alors des barreaux, glissant mon bras entre deux d’entre eux pour parvenir à atteindre le trousseau. J’étais juste agacée… Tentant de garder un calme apparemment alors que je me tordais de toute ma longueur pour espérer ne serais-ce qu’un contact avec l’objet de métal au sol. Je n’avais aucune envie d’attendre que Demetri revienne et de me prouver encore une fois à moi-même que j’étais incapable de me débrouiller seule. J’avais besoin d’être autre chose que cette gamine que l’on doit sans cesse surveiller et soutenir pour qu’elle accomplisse ses objectifs. J’en venais même à tenter le grand écart pour me sortir d’ici, finissant par comprendre que j’aurais beau jouer les contorsionnistes, ça ne me serait pas plus efficace. Quant à mon idée de me glisser entre deux barreaux, autant essayer de passer par un trou de souris j’aurai eu sans doute plus de chance…

« Quelle imbécile… »

Résignée je finis par me laisser tomber au sol, mes jambes venant couvrir ma poitrine alors que je passais mes bras autour d’elles. Décidément je les aurais toutes faites… Il aurait pu me donner une technique… Ça m’énervait de le voir ainsi disparaître et me laisser abandonner à mon propre sort dans cette fichu cage. Peut-être qu’en mettant des posters et des lumières d’ambiance… Non. C’était une mauvaise idée, et puis le côté lugubre de la pièce reflétait parfaitement mon état d’esprit en ce moment même. J’avais si faim que j’en aurai mangé les barreaux, mon ventre me criant quelques gémissements. Dès que je serai sorti d’ici c’était certain, je dévaliserai la pâtisserie…

Des pas silencieux se mirent à résonner doucement dans ma tête. Ça ne pouvait pas être lui… Les brides de lumière du jardin se glissant sous la porte m’indiquant qu’il faisait jour. Mon ventre lui-même c’était tût pour ma laisser tendre l’oreille. Je ne savais pas si c’était réellement de la peur que je ressentais, la honte étant beaucoup plus grande que le simple sentiment de terreur. Dans un dernier espoir je me penchais pour réessayer d’atteindre les clefs, me résignant finalement à me reculer contre la paroi du fond pour me faire la plus petite possible. Me laissant glisser contre le mur je sentais ma respiration ralentir pour laisser mes sens se concentrer sur la présence étrangère.

J’étais sans doute restée trop longtemps à me transformer dans ce jardin. J’avais toujours été persuadée d’y être en sécurité, la grande maison qu’il entourait me restant close et l’isolement du lieu paraissant me protéger. Pourtant je me sentais comme un de ces jouets que l’on range dans un coffre, attendant patiemment que l’on vienne me sortir de cette prison, et appréhendant d’avance les mains étrangères en me recroquevillant sur moi-même pour cacher ma nudité.

« Je suis armée ! »

J’aurai presque eu l’air crédible si je ne m’étais pas exclamée avec ce ton mi menaçant, mi enjoué et si mon ‘arme’ ne se résumait pas à un caillou trouvé sur le sol. J’aurai beau savoir visé, je n’étais pas sur de faire beaucoup de dégât avec ce morceau de gravier…



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Kaleb MacCall
MessageSujet: Re: [Pv Kaleb.] Armée de l'inconscience. Lun 4 Juin - 23:32

Je ne sais pas si par le passé, j’avais pris le temps, le temps d’écouter la pluie sur les toits. Le temps de tendre l’oreille au souffle d’air dans les arbres. Ecouter simplement la vie autour de moi, moi qui depuis des années faisais partie de cette nature sauvage. J’avais passé la nuit à chassé, depuis que j’avais mis la main sur ce parc royal interdit aux bipèdes, j’appréciais certaine nuit de liberté aimant a penser que les années avaient finis par rendre le loup comme un allier complémentaire. Bon il est vrai que je ne me serais pas amusé les soirs de pleine lune à rester libre en pleine ville ou près d’une de ces dernières. Mais Coventry avait la chance d’avoir une ile ou plutôt une réserve interdite d’accostage.

J’aurai aimé travailler à protéger ces parcs, mais la vie ne m’en avait pas laissé le loisir,

Savannah ne m’avait laissé que des brides d’une vie que j’avais déjà brûlée sans avoir eu le temps de vraiment la vivre, que j’avais brisé par ignorance, par amour ou par simple bêtise. Trop d’assurance personnelle sans doute. Ou simplement une vie que j’avais finis avant de vraiment la débuter.

Il ne me restait à présent que le loup en moi, il était devenu au fil des années mon allier et mon compagnon de route.
Evidemment je pourrais me morfondre sur ma vie ratée, mais voila bien une addiction que je laisse aux autres loups. Avais-je trop d’orgueil pour m’avouer vaincu avant même d’avoir combattu ? Sans nul doute, mais nul ne connaissait mes limites, pas même moi à vrai dire. J’avais par le passé aimé comme peu d’hommes, peu se clamaient de l’avoir fait. J’avais touché du doigt ce sentiment de bonheur, mais parfois tout n’est pas ce qu’il semblerait, il me fallu passer par cette douleur ultime pour comprendre enfin quelle était ma véritable voie, pour comprendre que la mort ou la vie ne me donneraient jamais ce que mon cœur cherchait si ardemment.

Les minutes s’égrainent, les secondes s’effacent et pourtant rien ne se passe pour moi, je reste inéluctablement et éternellement le même. Mais y a-t-il seulement en ce monde un être, une personne qui verra un jour la détresse qui m’anime ? La peur qui me conduit encore aujourd’hui à repousser mes limites et celles qui de ceux qui gravitent autour de moi. Aurais-je un jour le courage de seulement la dévoiler a quiconque ?

J’aurai aimé être capable de donner ma confiance, j’aurai tellement voulu ouvrir mes bras à ceux qui comme moi on perdus leur route à un moment donné, mais c’est impossible.

Irréel, comment tendre la main à un aveugle quand on l’est soi-même ? Quand la route est encore si obscure pour moi ? Non je ne suis pas un prince charmant, je ne suis pas l’homme sur qui on peut vraiment compter les soirs de désespoir. Je suis celui qu’on appel pour monter au combat, celui sur qui on compte pour se sacrifier à la place d’un vrai prince. Celui qui restera toujours dans l’ombre et qu’on garde près de soi comme une assurance, une roue de secours dans son coffre.

En avais-je conscience par le passé ? Surement… vous l’avouerais-je ? Surement pas !

J’étais donc là, sur le sol de cette simple étable au beau milieu de nulle part, j’écoutais encore et toujours la vie, cette vie dont je me nourrissais comme un prédateur, comme un coucou qui fait son domicile dans le foyer chaud d’amour et de paix d’autres encore plus aveugles à la chance qu’ils brulent. J’écoutais les gouttes ruisseler sur le lambeau de tuiles travaillées par le temps alors qu’autour de moi, le foin sec craquait sous le poids des pas de velours d’un chat noir en quête d’une souris au cœur battant la chamade.

La vie était parsemée de victimes et de prédateurs, jamais je ne m’avouerais victime, si demain je devais être la souris c’est avec ma détermination coutumière que je me dirigerais vers le bourreau. Mon cœur ne bâterait pas plus rapidement, mes pupilles ne me bruleraient pas plus qu’en cet instant. Non rien ni personne ne me verra victime d’un autre, jusqu'à la fin je resterais celui qui marche la tête haute face à son destin, face à ces morceaux de vie que j’ai moi-même brisé, brulé et détruit minutieusement.

Je resterai donc inlassablement, inéluctablement le même homme, le même démon nocturne qui sans âme irait bruler la vie d‘autres et briser l’âme de ceux qui oseraient toucher la carapace que je me suis construite durant toutes ces années de solitude. Plus jamais je ne me laisserais prendre à ce piège que la vie m’a tendu. Plus jamais l’amour ne m’entrainera dans le gouffre qui m’a forgé, j’avais appris à combattre, à croire en la vie. Je ne me prenais pas pour un demi-dieu plus fort que les autres plus puissant non. Je n’avais pas peur d’aimer, je ne laisserais simplement plus ce sentiment me conduire. Je ne laisserais plus aucune personne à laquelle je tiens se laisser abuser par la confiance. Nul n’était ce qu’il voulait laisser paraitre.

Oublier Savannah au cœur trop étroit, à présent je devais revenir en cette vie, reprendre mes attaches sentimentales, combattre, et toucher du doigt les dangers qui roderaient, je ne serai pas la souris à le fuir, je monterai une fois de plus au combat, mais cette fois sans aucune crainte, car je n’ai désormais plus aucune peur.

Je me redressai doucement et contemplai les collines et le rivage me séparant encore de la campagne de Coventry. Récupérant les vêtements que j’avais délaissé la veille. Mon corps était encore endolorit, courbaturé par le changement. J’apprécie la rapidité des mutations, les années l’expérience avais fais son œuvre. Après avoir enfilé mes vêtements j’allumai une cigarette inspirant l’arome du cannabis que j’avais placé dans cette dernière en prévision du matin. Voila bien les seuls moments où je m’autorisais un peu de drogue. Mais qui n’aurait pas fait cela quand on sait que chaque parcelle de mon être quelques minutes plus tôt avait été brisée et ressoudée. Les quelques bleus encore présents sur ma peau témoignaient encore de la torture que je venais d’endurer. J’était même certain qu’on aurait pu me croire sorti d’un interrogatoire musclé. Après quelques bouffées, je pausai mon sac sur mon épaule et bondis hors de l’étable sans un bruit. Allant d’un pas tranquille vers la barge où j’avais amarré mon bateau.

Machinalement j’humai l’air avoisinant avant d’entamer les cinq minutes de traversée. Je n’avais nulle envie qu’un garde-côte me repère et vienne foutre son nez dans mes affaires. Mais à cette heure, mise à part les mouettes ou les animaux sauvages, pas une âme humaine ne semblait présente.

Après quelques minutes je mis donc enfin pied sur le bon vieux continent anglais. Et d’un pas décidé me dirigeai vers le domaine que j’avais repéré la veille. J’avais mis près de quatre heures à trouver le loup, mais avais fini par trouver sa cachette. Evidemment je n’avais rien contre ce dernier, si ce n’étais d’avoir mis les pieds dans mon cercle privé. Je n’étais pas du genre égoïste mais j’avais besoin de savoir si Lexi n’allait pas encore se coller dans le pétrin. Comme on dit à un moment vaut mieux prévoir que guérir et par temps de pleine lune, valait mieux ne pas attendre.

J’avançai donc calmement vers la demeure humant l’air avoisinant, tout semblait calme si ce n’est le persistant arome du loup. Après quelques mètres je me retrouvai face à une sorte de crypte fermée pas deux portes dont une en fer forgé. Récupérant la clé pausée soigneusement en hauteur j’ouvrai le premier Rempart.

« Je suis armée ! »

Une voix féminine, me parvint mi chevrotant, mi amusée. J’avoue que la stupeur me figea un moment. Je n’avais pas prévu que le loup soit une louve. Voila un point qui m’irritait un instant avant de reprendre plus lentement mon parcours

« ça tombe bien, car moi pas ! »

J’avais presque envie de rire, un loup armé dans sa propre cage, voila une drôle d’idée. Je tentais d’imaginer où elle pourrait coller son arme une fois mutée et laissais toute idée derrière. Le danger c’était elle et pas ceux à l’extérieur de la cage, était-je tombé sur une comique ?

Je poussais donc la dernière porte et fus un bref instant bloqué par l’obscurité, la lumière du jour dans mon dos me laissait voir un sol neutre et un décor dénudé de toute substance. Je pouvais entendre son souffle haletant. Alors que mon regard se pausait sur un trousseau de clé luisante sous la lumière.

« Voila qui doit être ennuyeux » murmurais-je cette fois sans cacher mon amusement.

Me penchant doucement je récupérai le trousseau. « Je ne viens pas tué enfin pas pour le moment du moins, je veux juste mettre au point quelques petite choses de loup à loup » je fis glisser le trousseau dans la cage et me retournai. « je t’attend dehors.. »

Je repris donc la route que je venais d’emprunter, lui laissant un brin d’intimité. Cette situation je ne la connaissais que trop bien, je ne voulais pas donc jouer les salop et la laisser cloitrer là, appuyant ma dominance, je n’étais d’ailleurs pas venu pour jouer à ce genre de jeu débile qu’aimaient les autres lycaons.


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April C. Rosenbach
MessageSujet: Re: [Pv Kaleb.] Armée de l'inconscience. Mar 5 Juin - 9:48

Seule l’ombre
nous permet de voir la lumière.


«ça tombe bien, car moi pas !»

La lumière s’engouffrait lentement dans la pièce, m’aveuglant alors qu’une silhouette sombre brisait cette rencontre. J’aurai sans doute dû avoir peur, là, enfermée dans cette cage comme une proie, piégée et frêle face à cette présence étrangère. Pourtant seule la curiosité me tenaillait, mes pupilles dilatées cherchant en vain à affronter la douloureuse lumière qui m’assaillait. Si je gardais mes distances, je parvenais à sentir son odeur. Cette odeur qui me laissait déceler une certaine exitation, et qui à la fois me laissait appréhender la situation. Un fin sourire restait figé sur mes lèvres, animant sans doute cette moquerie que je me faisais à moi-même. La peur était si abstraite que mes peurs elles mêmes l’étaient devenues. J’aurais sans doute crié s’il m’avait agressé, pourtant cette enfance refoulée m’empêchait d’affronter cette preuve de réalité.


« Voila qui doit être ennuyeux »

Je le regardais faire en m’approchant doucement des barreaux, me languissant d’avance de pouvoir tenir entre mes mains la seule clef de ma liberté. Une lubie qui me faisait oublier toutes les questions que je pouvais me poser à son sujet. Je ressentais une certaine assurance chez lui, mais seul le trousseau argenté qu’il tenait entre ses mais m’intéressait. Je me contentais donc de rester silencieuse, écoutant ses propos en m’étonnant de le voir aussi... solennel ? Au fond une certaine pointe d’inquiétude me tenaillait, son apparence froide tranchant avec ce que je pouvais être. Sans compter que j’avais beau être inconsciente, la mention de ma mort ne me laissait pas indifférente. A croire qu’il se prenait pour un dangereux prédateur. Ca me fit sourire, sa phrase aussi menaçante soit-elle, me paraissant plus ridicule qu’autre chose. Je me retins tout de même de lui faire la remarque, mon regard déjà brillant en voyant qu’il me faisait passer la clef. Sans attendre j’attrapais celle-ci, la tendant au dessus de ma tête comme triomphante.

« je t’attend dehors.. »

Plus ça allait et plus il me faisait penser à un de ces dangereux mafieux aussi souriant qu’une porte de prison. Quoi qu’il en soit j’avais surtout hâte de sortir d’ici, et de retrouver mes vêtements par la même occasion. Le trouseau me glissant une fois entre les doigts, je finis par dévérouiller la cage, sautillant presque jusqu’à l’autre bout de la pièce pour attraper mes sous vêtements. Je les enfilais rapidement, me glissant dans ma robe d’été en tournant sur moi-même. Je détestais cette pièce, son absence de lumière, et surtout son air irréspirable, semblant absent de tout oxygène. Alors toutes ces nuits de détention j’en venais à les oublier. Oublier la torture psychologique et la peur qui s’y apparentait, ne pensant qu’à l’instant où j’en ressortais. Tout semblait alors si insouciant, le reste du monde ayant reprit son cours comme si les nuits de pleine lunes restaient des nuits comme les autres.

Cette fois je courrai presque pour en sortir, tenant mes chaussures à la main alors que j’allais retrouver le jardin. Il avait toujours bien été entretenu, si grand et si à l’écart qu’il arborait paisiblement quelques fleurs. Les yeux fermés je venais me laisser tomber dans l’herbe, m’asseyant abrutement dans la végétation humide avant de m’allonger entièrement.

« Je suis là ! »

Mes paupières se rouvraient doucement, cherchant du regard l’iconnu alors que je souriais bêtement. Je le détaillais sans gène de haut en bas, me trouvant quelque peu basse à côté de lui. L’herbe chatouillait ma peau, animée par le vent tiède qui soufflait. Je me demandais quelle heure il pouvait être... Mais au fond j’étais loin de m’en soucier. Je pouvais rester des heures ici sans me soucier du reste. C’était si calme que j’en venais presque à oublier la présence de l’homme. Une présence que je n’oubliais pourtant pas, me redressant pour retrouver une position assise et le regarder d’en bas.

« Il est temps de parler de loup à loup... »

J'avais fait exprès d’employer avec exagération une voix masculine, me moquant sans doute de la façon dont il m’avait parler précédement. C’était sans doute déplacé... Seulement cette notion de la subtilité, je semblais l’avoir perdue depuis des années, et puis j’avais toujours été déstabilisée par les gens que je ne comprenais pas, préférant passer pour une chieuse que pour une femme droite et coincée. La vie paraissait plus amusante sous cette angle... Mais sachant tout de même la limite de certaines choses je finis par arborer un air plus sérieux, continuant de le regarder avec un regard interrogateur.

« Tu voulais me parler ? Tu aurais pu te présenter... C'est la moindre des choses quand on vient déranger une femme à poil... »

Je voyais dans son regard qu’il n’était pas venu ici pour le simple plaisir de me sortir de ma cage et de me voir rouler dans l’herbe. J’étais sans doute un peu déçue de me dire que le premier lycanthrope que je rencontrais me récitait des menaces implicites. Honnêtement je n’avais aucune idée de ce qu’il voulait, et encore moins de ce qui l’avait poussé à venir jusqu’à moi spécialement ce matin là... Ce qui paraissait évident vu mon attitude... Je n’étais de toute façon pas même sure de comprendre tout ce qui m’entourait. Contrairement à ce que l’on pouvait penser j’étais loin de voir des bisounours partout autour de moi et au fond je ne faisais qu’affronter la réalité sous un autre regard.



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Dernière édition par April C. Rosenbach le Ven 8 Juin - 19:53, édité 1 fois
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Kaleb MacCall
MessageSujet: Re: [Pv Kaleb.] Armée de l'inconscience. Mar 5 Juin - 22:55

J’en avais connu des monstres au cour de ma vie, j’avais quasiment connu que ça. J’étais même l’héritier d’une lignée sanguinaire. J’en avais vu des bizarreries en tout genre, des hommes devenus femmes par magie, des vampires habités d’un démon, des sorciers fantômes ou simplement des humains plus meurtriers encore que les autres races. Non j’avais franchement l’impression que plus rien ne pouvait m’étonner. Je n’aimais vraiment pas me retrouver face à ces derniers, qu’ils soient de ma race ou d’une autre, pour moi, rien ne valait la quiétude d’un lieu isolé de tous. J’en venais à apprécier les nuits de pleine lune sur mon île perdue.

J’avançais tranquillement dans ce décor d’un autre temps, la maison semblait entretenue, mais pas habitée au quotidien, elle devait être là depuis des siècles. Les roserais qui l’entouraient donnaient un arome à l’air. J’aurai cependant pus jurer que ces lieux dégageaient une sorte de mystère tout droit sorti d’une scène Othello.

J’avais à peine appréhendé les abords de la crypte qu’une sorte d’ouragan en sortit pour se laisser griser dans l’herbe fraiche. Quelques rires coupèrent le son régulier des chants d’oiseaux. Je restais là, simplement interdit face au spectacle quelle m’offrait, alors qu’intérieurement, j’arborais un large amusement de voir cette jeune femme aussi heureuse de retrouver sa liberté. La scène était à la fois effrayante et adorable. Effrayante car j’avais en face de moi une louve, un animal des plus dangereux, sans doute le plus sauvage que la terre portait encore. Adorable car malgré la monstruosité qui vivait en elle, elle semblait avoir gardé une part enfantine. Je dus me faire violence pour ne pas lui décrocher un sourire amicale.

J’étais là pour m’assurer qu’elle ne serait pas un danger pour Lexi, mais au final je commençais à me demander si je n’en avais pas trop fait en déboulant comme un cheveu dans la soupe de bon matin.

« Il est temps de parler de loup à loup... »

Sa voix faussement masculine, son air moribond, aurait du m’offusquer, il aurait parfaitement valu que je morde mais, j’avoue que le ton que j’avais mis dans mon entrée dans son entre avait laissé aussi à désirer. Machinalement je penchai la tête pour mieux l’observer, voila une drôle de femme. Et son comportement me laissait comprendre qu’elle n’avait pas coutume de fréquenter d’autres loups. Où elle ne se serait pas mise en position de soumission. Humainement tout cela n’avait aucune sorte d’importance, mais dans la réalité des choses. Nous étions plus humains et intérieurement je pouvais sentir la bête rugir. J’étais nés alpha, un dominant et ce détail me donnait souvent plus l’air d’un défaut qu’une qualité. J’en venais à éviter tout membre de ma race pour éviter les confrontations.

« Tu voulais me parler ? Tu aurais pu te présenter... C'est la moindre des choses quand on vient déranger une femme à poil... »

Doucement, luttant contre moi-même je me baissai pour me placer à son niveau.

« un partout balle au centre… » Je tendis la main vers elle. « Kaleb Mac Call, je suis un ami de Lexi. »

Voila qui était fait, évidemment je ne restais pas longtemps le cul prés du sol et me redressai pour reprendre. « J’ai senti ton odeur sur elle, ok j’aurais du passer un coup de téléphone, mais disons que la nuit dernière je manquais de réseau » J’appuyai ma petite excuse d’un sourire. « Bon je te propose un deal, tu m’expliques ce que tu veut à mon ami et je t’offre à manger »

J’avais laissé plusieurs aliments sur le bateau, assez pour les trois jours de lune. Evidemment j’avais pas prévu de nourrir une louve, mais vu le gabarie elle ne devait pas manger plus qu’un moineau.


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April C. Rosenbach
MessageSujet: Re: [Pv Kaleb.] Armée de l'inconscience. Ven 8 Juin - 19:54

« Les adultes craignent l'enfance,
Symbole de leur mort. »
Yolande Chéné


« April C. Rosenbach. »

Je relâchais abruptement sa main pour la glisser dans l’herbe. Sans doute était-ce la mention de la jeune bairmaid qui me perturbait. Je la connaissais depuis peu et je me retrouvais apparemment déjà assimilée à un danger potentiel pour elle. A moins que ce ne soit tout simplement une jalousie quelconque qui l’ai poussé à venir jusqu’ici. Je me mis à rire légèrement en l’entendant me proposer son marché. Il fallait croire qu’il tenait beaucoup à elle. Au fond elle avait de la chance d’avoir quelqu’un prêt à tout pour la protéger, aussi paranoïaque pouvait-il être. Je me demandais si quelqu’un aurait été capable de ça pour moi. Moi qui avait toujours su les oublier, les sortir de ma vie comme des pages de papier que l’on arrache. J’en venais à me demander si heureuse se résumait à détruire toute cette tristesse dans une illusion. Si le monde n’était capable que d’oublier peu à peu ce qui lui faisait mal. J’étais pourtant si bien, comme intouchable face au reste de l’existence, seul fantôme au sourire retraçant la fin.

« Hm… Tu ne serais pas en train de me faire du chantage ? »

Je me redressais alors pour me retrouver à sa hauteur, balayant l’humidité de l’herbe sur ma robe à l’aide de mes mains. Quelques frissons me parcouraient sous la caresse du vent, me faisant échapper quelques frissons que je rompais en étreignant mes bras. Je me contentais de le regarder, pensive, tentant d’atteindre ne serait-ce qu’une once de confiance pour moi, la mienne paraissait bien trop accessible sous le regard des autres. Ils étaient si nombreux à croire en cette naïveté enfantine, et en ce sourire insouciant qui perlait sur mes lèvres. Ils avaient peut-être raison d’y croire, ma méfiance ne restant que ces quelques secondes d’égarement qui souhaitaient me priver du bonheur utopique que je voulais m’imaginer. Mais loin d’avoir gardé à jamais le même regard sur le monde, j’en connaissais les couleurs comme les noirceurs, ombres tapis dans l’ombre de ce château de glace qui protégeait les derniers restes de cette existence d’aveugle. Je crois qu’au fond les odeurs masculines de tabac et de sueur avaient finis par déchirer peu à peu le drap blanc qui flottait dans l’air comme l’esquisse de mon château.

« Je veux rien en particulier à ton amie. Je l’aime bien c’est tout. »

Ca paraissait si évident, si innocent. Je ne voyais pas ce qu’il y avait de plus à dire. Sans doute était-il déçu d’avoir fait tout ce chemin pour rien. Quant à moi j’avais simplement cette douleur au ventre à l’idée de savoir qu’il n’était venu que pour elle. Non pas de la jalousie, seulement une pointe de déception à l’idée de n’être représentée par le premier lycanthrope que je voyais comme un potentiel prédateur… Pourtant je ne voyais aucune once d’agressivité en lui en cet instant. A moins que mon ignorance me menait si loin que même le danger n’était plus.

« Honnêtement… J’ai l’air d’une prédatrice assoiffée de sang ? »

Je tournais sur moi-même avec cette expression évidente sur mon visage, m’exhibant en un instant pour appuyer ma thèse. Le jardin semblait prendre des allures de manège, effacer un instant les mots et les phrases. Pourtant il y avait toujours cette silhouette sombre qui assombrissait la scène, rompant d’une noirceur inconnue les couleurs de cette valse. Je me sentais comme capable de contrôler le temps, l’arrêter à ma guise alors que seul le bruit de mes mouvements me berçait. Arrêter le temps, c’était arrêter la vie, la mort. Ces millions de vies qui se mourraient, ces jours qui se détruisaient sans que personne ne les arrête. J’étais incapable de savoir si cette destruction restait le reflet de la mobilité. Ce n’était qu’une danse après tout… Les cris de la vie à l’encontre de ce que je ne parvenais pas à décrire. Un sujet fascinant et macabre qui m’arrêta dans ma course. Glissant ma main sur mon front je me mis à le regarder étrangement. Je n’avais tourné que quatre fois sur moi-même, mais déjà cette sensation de perdre la tête, une grimace enfantine masquant mon visage.

« Du coup tu me donnes à manger ? »

Peu importait la diplomatie… Elle n’était qu’ennuyeuse, résultat de la peur de l’inconnu développée par les hommes. Ma main se tendait vers lui, ma paume figée attrapant délicatement la chaleur du soleil sans aucune appréhension. J’avais toujours trop pensé, ne réfléchissant pas assez, perdue entre la peur d’oublier et l’envie d’à jamais graver chaque instant dans ma mémoire. Je me le devais à moi-même. Cette peur abstraite et incompréhensible qui restait la plus importante à mes yeux. Je n’avais jamais rien demandé de plus que la mémoire, pour ne pas disparaître tel un fantôme de ce monde. La fin ne débutait elle pas au travers de l’absence d’existence ?

Spoiler:
 



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Kaleb MacCall
MessageSujet: Re: [Pv Kaleb.] Armée de l'inconscience. Dim 10 Juin - 21:06

J’aurais tout vu dans ma vie, le bon et le mauvais. J’avais vu le meilleur de l’homme devant l’adversité, le pire aussi. Mais là j’avoue que je ne savais pas sur quel pied dansé. Avais-je vraiment à faire à une louve sans cervelle ? Ou était-elle simplement plus enfantine qu’une autre ? Au final, qui pouvait avoir peur d’un enfant ?

Ben moi justement, encore plus quand l’enfant en question passait trois nuit par mois sur quatre pattes avec des crocs acérés comme des rasoirs. J’espérais juste qu’elle ait assez de conscience pour dissocier le bien du mal et surtout se rendre compte du danger qu’elle représentait pour une simple humaine.

Heureuse et ravie, un brin futile elle me tendit la main pour réclamer une récompense. Un sourire traversa mon visage, avant de se commuer en un air interrogateur.

« Ne t’ai-je pas dit que ça se trouvait sur le bateau ? » Je glissai cependant un bonbon à la menthe dans sa paume et éclatai de rire. « Tu sais que t’es pas banale comme louve ! »

Je me détournais sans attendre pour prendre la route boisée qui nous mènerait à mon embarcation.

« Alors, puisque tu as décidé de faire de ma meilleur amie une de tes … bref, désolé si je te parais froid, mais elle a le chic pour se foutre dans des merdes monumentales, donc j’aimerais que tu évites d’oublier à ses côtés ce que tu es vraiment, car jouer les enfants avec moi ça passe et encore, mais la mettre en péril a cause d’un lubie ça va moyennement me plaire »

Elle pouvait s’offusquer de mon discours je m’en fichais un peu après tout j’étais pas un intime et n’étais pas venu la voir danser ou jouer les nymphes. Elle n’était pas ma première rencontre lycaon et surement pas la dernière. J’aurai pu lui laisser une chance, mais notre race n’était pas réputée pour être fiable. J’en savais quelques chose moi-même vu ma propre famille paternelle.

Je dépassais une clairière remontant toujours le sentier dans le plus grand des silences. Après un moment cependant, je décidai de prendre sur moi et d’en apprendre un peu plus sur elle après tout, elle pouvait être insouciante et lucide, l’un n’empêchait pas vraiment l’autre.

« ok, désolé la période m’aide pas à être sympa, oublions les menaces et ce que je te ferai si tu la blesse, je pense que tu as compris. Tu me sembles un peu allumée mais pas vraiment mauvaise, juste insouciante, ce qui m’inquiète par contre c’est à quel point ? » Plus que quelques petites encablures et mon petit bateau allait apparaitre. Il serait donc plus aisé de converser face à un loup repu.

« Quel âge as-tu au juste ? Enfin pas humainement j’entends » J’avais à peine fini ma tirade que je gravis le ponton en bois pour ouvrir la cabine. Me retournant enfin je pausai mon regard sur elle et fini par lui servir un sourire amical. « Pour ma part cela fais six ans et à ce que je sache je tiens cela de mon côté paternel » Je lui fis un signe pour l’inviter à entrer avant de poursuivre. « Quand au côté maternel, on peut dire que c’est aussi merdique vu qu’ils sont tous des chasseurs, alors excuse moi d’être pas vraiment en confiance face à une louve aussi exubérante que toi, mais promis je vais faire un effort »

Mon regard se pausa sur la glacière où j’avais laissé toutes les réserves. Alors que j’attendais presque patient qu’elle rentre. Mais alors que je commençais à me demander ce que je foutais là. J’avais à présent qu’une envie d’en finir et d’appeler Aria. Me retrouver loin de tout ce bordel et surtout oublier que dès ce soir je devrais passer ma nuit dans ma propre cage.

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April C. Rosenbach
MessageSujet: Re: [Pv Kaleb.] Armée de l'inconscience. Lun 11 Juin - 18:35

Quelle est la différence entre vivre et exister ?
Dois-je vivre ? Exister ?


    « Elle est folle… Quelque chose ne tourne pas rond chez elle… Ce n’est pas un endroit pour faire vivre une enfant ! Regardez où elle vis ! Et puis sa mère… On ne l’a jamais vraiment vu. C’est quand même étrange qu’elle sourit comme ça… Après ce qui est arrivé. »


Je ne savais plus comment prendre ses paroles. Elles résonnaient dans une mélodie étrange, à la fois douce et irritante. Peut-être que ça me vexais au fond. De le voir sans cesse me répéter que j’étais un danger pour ce qui l’entourait. Mais rien n’imprégnait mon visage que je gardais figé dans ce rictus de bonheur comme pour affronter l’éternité, la narguer d’un simple sourire. J’avais dépassé le rythme de ce théâtre vivant, quittant mon rôle de bonne humaine, me faisant traiter de folle, d’inconsciente ou de gamine parce que je ne pleurais pas quand il le fallait. A croire que tout se résumait à suivre une attitude fondée dans l’utopie de la normalité. Pourtant j’étais bel et bien là… A l’écouter en faisant glisser son bonbon dans ma bouche, me demandant si la crainte ne serait pas plus crédible venant de ma part. Après tout je ne lui avais rien demandé, et il m’offrait des friandises tel un prédateur sexuel, me guidant dans un lieu que je ne connaissais pas et devenant chaque fois plus blessant dans ses paroles. Il fallait croire que j’étais le stéréotype de la cible facile. A moins que je me faisais vraiment des idées.

« Je comprends… »

J’étais donc si incapable de voir la vérité en face ? De comprendre les gens qui m’entouraient à défaut de ne pas pouvoir me faire comprendre. J’avouais moi-même être un Alien de l’humanité, et pas seulement par le fait que son bonbon à la menthe faisait gémir mon ventre sans que je ne puisse le faire taire. Discrètement je jetais celui-ci dans l’herbe, me mettant à fredonner cette chanson dans ma tête. Je savais me taire contrairement à ce qu’il paraissait, surtout quand je n’avais rien à dire… Sans doute une des conséquences de ses petits piques qu’il me jetait comme s’il voulait que je me tienne à carreaux. Il aurait presque réussis si je ne marchais pas telle une andouille imitant Bambi.

Voilà qu’il s’excusait maintenant, n’hésitant pas à me traiter d’allumer ensuite. Je me contentais d’une grimace pour lui montrer que je lui portais attention, l’écoutant parler en me demandant s’il ne parlait pas un peu dans le vide. Bien sûr je l’écoutais mais je ne pouvais m’empêcher de scruter l’horizon avec malice, voyant approcher peu à peu la silhouette du petit bateau dans le paysage vide.

« C’est vrai que ça ne te ferai pas de mal d’être gentil ! Et puis je ne suis pas si stupide que je le parais. »

Je me penchais sur le côté en me postant devant lui, marchant maladroitement en arrière durant quelques pas. Il y avait une certaine pointe de sérieux dans mon expression, lui faisant comprendre que si j’étais encore ici ce n’était pas par hasard. Ennuyée et quelque peu contrariée par le sujet je finis par lui tourner le dos, avançant jusqu’à son bateau. On aurait dit une grosse bouteille à la mer. Sans doute plus par le fait qu’il flotte que par sa ressemblance. Et puis l’idée d’être un message me plaisait, même s’il n’y avait aucun rapport.

« Quel âge as-tu au juste ? Enfin pas humainement j’entends. Pour ma part cela fais six ans et à ce que je sache je tiens cela de mon côté paternel. Quant au côté maternel, on peut dire que c’est aussi merdique vu qu’ils sont tous des chasseurs, alors excuse-moi d’être pas vraiment en confiance face à une louve aussi exubérante que toi, mais promis je vais faire un effort. »

J’entrais lentement dans le bateau, arpentant le moindre détail du regard. Pourtant seules ses paroles m’occupaient l’esprit. A croire qu’il avait touché un point sensible, par le simple fait que je me voyais comme le déchet de mon passé. Malgré mon sourire, j’avais toujours été aussi heureuse que malheureuse. J’aurais aimée garder les bons souvenirs, mais ils semblaient étouffer par les dernières images de ma mère, aussi fragile que belle. Je me souvenais de cette allure de poupée qu’elle avait dans son dernier souffler, une immobilité si parfaite qu’elle ressemblait à une de ces statues de marbre immortalisées dans la pierre. Quant à sa peau, si froide et si douce, elle me rappelait la porcelaine brisée des poupées dans les vieilles vitrines. Je ne l’avais jamais vu aussi belle… Sans aucune larme sur son visage, ses yeux se perdant dans l’irréel alors que naissais déjà ce semblant de bonheur sur mon visage.

« Ca ne se fait pas de demander son âge à une femme ! »

Je lui tirais la langue en venant me pencher sur le rebord du bateau, tendant le bras pour tenter d’effleurer la surface de l’eau. Pourquoi je ne parvenais pas à voir le fond ? Il n’y avait que le reflet du ciel et l’écume imperceptible du mouvement de l’eau. J’en échappais au sujet, me redressant d’un mouvement brusque pour lui faire un grand sourire innocent.

« Ce qui est sûr c’est que je ne tiens pas mon gène de ma mère. Après je ne suis pas sure qu’elle se soit un jour souvenue d’où j’ai pu être conçue et avec qui. »

J’avais un ton si enjoué, comme si il n’y avait qu’une seule partie de moi qui s’exprimait, relatant la vérité à sa façon. Je n’ai jamais intéressée par mon père, trop plongée dans ce monde parfait de son imperfection dans lequel je vivais avec ma mère. Il n’y avait aucun manque par cette beauté qu’elle m’offrait, aucune souffrance par cette joie qu’elle faisait naître. Ça n’a jamais été que nous deux…

« Tu me poses pas de bonnes questions. Celles-ci ne sont pas marrantes. Moi j’ai envie de t’en poser. Tu préfères les fraisiers ou les framboisiers ? Parce que moi j’ai toujours préféré les framboisiers… Alors que c’est juste le fruit qui change. A moins que je n’aime que la pâte d’amande dessus… »

Je finis par m’immobiliser, marquant une pause en m’approchant de lui.

« J’aimerai aussi savoir comment ça se fait que tu es tué quelqu’un… Ou bien ce que tu as ressentis quand tu as su ce que tu étais, s’il y avait quelqu’un avec toi. »

Je n’était qu’un jeu pervers… De vouloir à jamais atteindre la vie des autres en se protégeant de la sienne. Mais loin de vouloir être son amie, je voulais connaître autre chose que ma propre expérience, autre chose que ces histoires et ces récits à dormir debout que je lisais, autre chose que ce que Demetri voulait bien me dire. C’était ma marque d’égoïsme… De vouloir en apprendre sur les autres sans me mettre à parler de moi. Sans vouloir cacher ce que j’étais j’espérais simplement avoir le temps de voir au-delà de mon regard.



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Kaleb MacCall
MessageSujet: Re: [Pv Kaleb.] Armée de l'inconscience. Mar 12 Juin - 0:20

« ça ne se fait pas de demander son âge à une femme ! »

Pourquoi ne l’avais-je pas simplement remarqué plus tôt ? Etais-je devenu aussi débile que ce qui m’abjecte habituellement ?

« Ce qui est sûr c’est que je ne tiens pas mon gène de ma mère. Après je ne suis pas sure qu’elle se soit un jour souvenue d’où j’ai pu être conçue et avec qui. »

Suis-je simplement idiot de me mettre à penser que tout devait suivre le même moule, les mêmes normes, que je m’acharnais moi à éviter ? Comment n’avais-je pas remarqué qu’elle n’arborait rien de plus qu’un masque, du même genre de masque que portait mon propre cousin. Bon c’est vrai que ce dernier était bien plus taciturne et froid que cette exubérante jeune fille. Mais ils n’en restaient pas moins déstabilisant, l’un comme l’autre.

« Tu me poses pas de bonnes questions. Celles-ci ne sont pas marrantes. Moi j’ai envie de t’en poser. Tu préfères les fraisiers ou les framboisiers ? Parce que moi j’ai toujours préféré les framboisiers… Alors que c’est juste le fruit qui change. A moins que je n’aime que la pâte d’amande dessus… »

Pourquoi pas après tout ? J’avais plus que ma part eu le droit à ce genre d’attitude provocante dans mon jeune âge quand je gardais les plus jeunes de la famille. Repenser à Aria à cet âge me fit frémir, voila que je jouais les hommes couguar. Un sourire me traversa, juste à l’invocation mentale de la revoir, me faisant oublier toute mauvaise humeur.

« J’aimerai aussi savoir comment ça se fait que tu ai tué quelqu’un… Ou bien ce que tu as ressentis quand tu as su ce que tu étais, s’il y avait quelqu’un avec toi. »

J’allais me perdre dans mes pensées, oubliant presque les mimiques de ma convive quand, ses questions reprirent de plus belle, dans un flot que je n’avais pas prévu.

« Ok, ok … » La coupais-je pour éviter qu’elle en vienne à me demander ma couleur préférée. Levant machinalement les mains dans un geste de mollo ma grande.

« Les deux ne me déplaisent pas, mais mon souci vient plus du fait que je n’aime pas les fruits en morceaux des gâteaux, juste le gout qu’ils offrent aux crèmes et aux pâtes. Donc au final, j’ai une préférence pour la charlotte au poire. »

Non mais c’est pas possible, j’attrapai ma glacière et en sortis toutes sortes de choses, sucrées, salées sans distinctions allant me placer sur la banquette du font, lui offrant l’assise près de la sortie. Sans doute un geste pour la rassurer inconsciemment.

« Par amour pour la seconde réponse… et pour finir j’ai pas aimé ce qui m’est tombé sur le dos, je ne suis pas sado maso même si j’en donne l’allure. » J’appuyai ma réponse d’une grimace enfantine comme elle arborait régulièrement.

« Et non, je n’avais personne pour me tenir cette nuit là » J’ouvris le premier Tupperware et le lui tendis. « A ton tour répond à tes questions ou je ne joue plus, c’est donnant donnant April. »

Voila que je retombais en adolescence, mais bon après tout, ce petit jeu était un moyen efficace pour nous deux de nous connaitre. Bon il est clair que j’allais pas devenir son meilleur ami, que j’allais même m’évertuer à l’éviter à l’avenir. Mais elle semblait un peu perdue, avait-elle seulement déjà vu un loup avant ? Enfin les questions tomberaient à un moment ou un autre, pour le moment j’allais me contenter de répondre au siennes et lui retourner les miennes.


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April C. Rosenbach
MessageSujet: Re: [Pv Kaleb.] Armée de l'inconscience. Mar 12 Juin - 15:03

L’Espérance est un risque à courir.
Georges Bernanos



Je crois que j’étais heureuse d’être où j’étais, souriant un peu plus en l’écoutant parler de pâtisseries. J’étais contente qu’il réponde à cette question stupide, sa réponse restant ma préférée face à toutes les autres. Peut-être parce qu’elle restait la plus sincère, la moins difficile à répondre. De toute façon je n’aimais pas beaucoup les poires, mais elles restaient comme une introduction à la suite. Puis ça me rassurait de voir qu’il « jouait le jeu ». Je pris place sur la banquette pour continuer à l’écouter, appuyant mon bras sur le côté du bateau pour y déposer ma tête et le regarder en silence. Moi qui m’attendais à un grand récit digne des plus grands aventureux, je me voyais surprise de récolter qu’une seule phrase à mon grand monologue. Pour autant je restais satisfaite de ses réponses. Elles ressemblaient en tout point à ce que je pouvais penser de lui, et à ce qu’il laissait paraître. Après tout n’était-ce pas le but de l’existence ? De pouvoir apprendre les autres en cherchant non pas les raisons de leurs masques, mais celles de ce qu’ils cachaient ?

Je baissais les yeux sur son récipient avant d’y plonger la main et de détourner le regard en souriant. Mon ventre criait déjà famine à la simple vue de son présent alors que Kaleb me lançait déjà un retour de bâton. Je me contentais de lui lancer un regard furtif avant de commencer à manger, levant les bras au ciel en fermant les yeux. La chaleur du soleil caressait mon visage, embrasant de petites lumières la noirceur de mes paupières. Je laissais quelques secondes s’écouler, m’étirant nonchalamment pour faire durer son attente. Moi qui n’avais pas dans l’habitude de beaucoup réfléchir à ce que je pouvais dire, je me voyais coincée à l’idée de sortir une phrase correcte. Comme si ça avait de l’importance… Je n’avais aucune envie de me voir une fois encore traitée de folle. Je rouvrais doucement les paupières, appuyant mes mains sur la banquette pour me pencher vers lui en compressant mes lèvres l’une contre l’autre.

« J’ai tuée quelqu’un parce qu’il me fallait ça pour trouver le bonheur, et pour que cette personne aussi le trouve. »

Je glissais un de mes mains sur mon front, reprenant appuie sur mon postérieur pour venir me servir sans gêne en nourriture et continuer comme si de rien était.

« Après j’accepte en quelques sortes ce que je suis et je suis tombée sur la bonne personne pour m’aider. »

J’avais fait en sorte de rester aussi vague que lui dans mes réponses, me contentant de dire l’essentiel. C’était sans doute le plus important après tout… Mais quelque chose me dérangeait à l’idée de parler aussi solennellement de ça. Comme si au fond je m’en voulais de faire résonner cette indifférence dans ma voix. Très vite j’oubliais cette idée, me morfondant intérieurement d’en venir à penser qu’à moi. Je préférais m’intéresser à cette journée trop sereine, l’absence de bruit étendant l’atmosphère dans une tranquillité étouffante. J’aurais aimée lui poser plus de questions, mais je n’avais pas envie de le faire fuir tout de suite avec ça. Sans compter qu’il voulait du « donnant donnant » et que je n’étais pas prête à lui offrir en intégralité.

« Tu sais quoi… Je suis sure que tu finiras par m’en dire plus. C’est trop vague un ‘par amour’. »

La curiosité n’était qu’un venin me laissant oublier jusqu’à ma propre existence, jusqu’au danger, laissant l’appréhension du rejet parcourir mon corps de cette adrénaline étrange. Je me relevais un instant, mes pieds semblant s’appuyer sur le néant. Je me sentais comme une poupée de chiffon ne tenant plus sur ses membres, manquant à chaque instant de tomber sous le déséquilibre de ce qui l’entourait. L’impression de flotter me déstabilisait, m’incitant à retourner m’asseoir. Je pris place à côté de lui, mes mains agrippant le rebord de la banquette comme si je cherchais à me rattacher à quelque chose. Je parlais bien trop, ne sachant pas m’arrêter comme il l’aurait fallu. Mais le calme que j’arborais à présent restait indescriptible, brisant cette apparence de gamine sans cervelle que je pouvais laisser paraître.


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MessageSujet: Re: [Pv Kaleb.] Armée de l'inconscience. Jeu 14 Juin - 23:15

« Tu sais quoi… Je suis sure que tu finiras par m’en dire plus. C’est trop vague un ‘par amour’. »

J’arquai un sourcil, me prenait-elle pour un âne ? Au début c’est surprenant, puis c’est déstabilisant, mais à présent ça en devenait irritant et je dois avouer que je n’étais pas loin de perdre toute patience. Je sentais déjà mes muscles se contracter face à ses diverses moqueries. J’avais tenté de me raisonner, d’être un peu plus gentil, j’avais même joué à un jeu débile pour tenter de lui être agréable. Je lui avais donné toutes les raisons de répondre à mes questions, j’avais même ouvert la voie à un échange aimable en lui proposant un peu de nourriture. Mais visiblement en plus de se foutre de moi elle semblait totalement dépourvue d’éducation. Je n’aimais pas catégoriser les individus. J’avoue même que je ne supportais pas les jugements hâtifs, on ne pouvait prétendre connaitre qui que ce soit en quelques heures ou jours. Pourtant là elle ne faisait rien pour que je la supporte. J’attendais donc silencieusement qu’elle finisse d’avaler la nourriture qui lui chantait. Mais après quelques répliques cinglantes, je me levai pour aller sur le pont du bateau, fermant sans ménagement la porte vitrée de la cabine. J’inspirai doucement l’air matinal. Avant de braquer mon regard sur le bateau qui remontait le delta. Mon dix mètres n’avait rien à envier à ce trois mats, si ce n’est peut-être l’âge. En effet je n’avais gardé de mon passé que ce bateau, et avais voyagé à travers le monde avec ce dernier à présent âgé d’une dizaine d’années il n’en restait pas moins majestueux. Tout de bois il était un savant mélange entre modernité et voilure. Adolescent, j’avais passé du temps avec mon cousin à le réparer ce bateau, il nous permet d’oublier un temps nos vies, nous aimions penser qu’un jour on prendrait le large avec Aaron et qu’on tirait un trait sur les règles familiales. Evidemment on aimait nos chasses, mais comme tout ado on rêvait d’ailleurs, de plages, de belles femmes ou plus simplement de liberté.

Après un moment de quiétude, je prenais donc sur moi et rentrai dans la cabine pour reprendre place sur la banquette.

« Bon… voila le souci, tu ne m’amuses pas et je t’amuse pas, tes questions m’ennuient autant que les miennes semblent te déplaire, alors on va faire simple. » J’attrapai un soda dans la glacière et la décapsulai. « A l’avenir, tu fais ta vie, je fais la mienne, tant que j’entends pas parler de blessures sur un humain de ton fait, je te foutrai la paix, si ça change et que Lexi court le moindre danger, je reviendrais et là ce ne sera pas pour discuter. »

J’avalai un peu de soda et plantai mon regard dans le bleu océan du siens.

« Ne vas pas croire que j’ai quoi que ce soit à faire de ton opinion sur moi, des loups j’en ai tué et connu et pas un ne m’empêche de dormir à présent. je suis né chasseur et pas loup alors je n’ai que faire de ces derniers » J’avais beau voir son visage enfantin, je n’en démordais pas cette fois. « Et si un jour tu te décides à répondre franchement à une question, tu sauras où me trouver en attendant, évites-moi il vaut mieux, j’aime pas qu’on se foute de moi » Je me levai et ouvris la cabine l’invitant d’un geste à sortir.


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April C. Rosenbach
MessageSujet: Re: [Pv Kaleb.] Armée de l'inconscience. Ven 22 Juin - 14:20

C’est comme marché sur le soleil
Que de voir à jamais la noirceur du monde.



J’écoutais ses mots en silence, serrant les poings à chaque syllabe, à chaque son qu’il laissait échapper dans une haine que je ne comprenais pas. J’aurais été incapable de savoir pour lui ce qu’il voulait, son soudain côté lunatique m’intriguant autant qu’il pouvait m’agacer. J’aurais sans doute dû me taire. Pourtant je ne ressentais aucune culpabilité, trop insouciante pour me rendre compte de quoi que ce soit. Si ça restait une force pour certain, je finirais peut être un jour par me rendre compte qu’elle me renfermait peu à peu dans la solitude. Qu’est-ce que je comprenais après tout ? C’était comme si je restais incapable de savoir me résigner, incapable de savoir ce que je pouvais penser. Je comprenais sa réaction autant que je la jugeais, et si mon sourire c’était effacé, il n’y avait dans mon regard qu’une incompréhension enfantine. Je ne comprenais pas pourquoi il rejetait ainsi sa nature, me jugeant comme si j’étais qu’un monstre.

« Je ne me fou pas de toi. Tu inverses les rôles. »

Cette évidence dans ma voix semblait s’effacer alors que je me redressais d’un mouvement pour m’approcher de lui. Je vins me poster devant lui, me tenant droite sur la pointe de mes pieds, le regard obscurcis, comme emplis de reproches.

« Je ne sais pas ce que tu as contre mes réponses et contre les loups garous. Mais je crois que tu n’as pas compris que tu en étais un aussi. Alors aussi malheureuse soit ta petite vie de lycanthrope je n’ai pas choisi la mienne non plus. Alors si ton seul but c’était de venir me débiter tes menaces et tes insultes tu aurais pu rester où tu étais ! Je ne t’ai jamais demandé de venir ! »

Je repris place sur mes deux pieds, ajustant ma robe avec un air renfrogné. Mon agressivité semblait s’être estompée, ma raison m’invitant à l’écouter et à m’apprêter à partir. Je savais que je serais incapable d’en finir sur ça… Mon côté tenace qui ressortais encore une fois. Il fallait dire qu’aussi chiant puisse-t-il être, il représentait pour moi le seul représentant de mon espèce. C’était sans doute stupide de m’imaginer que je parviendrais à le faire changer d’avis sur moi… Sans compter que l’idée de devoir m’abaisser à ça dérangeait mon égo. Mais j’étais prête à me brûler les ailes pour une seule excuse de sa part.

« Sur ce monologue je m’en vais ! »

Faussement professionnel je m’avançais vers le ponton, me prenant malencontreusement le pied contre le rebord du bateau. Manquant de trébucher je me rattrapais à ce même rebord avant de reprendre enfin pied sur la terre ferme. Incapable de me taire je finis par me retourner une dernière fois vers lui en penchant la tête sur le côté avec un sourire pour lui glisser une dernière fois avec malice.

« A bientôt ! »

Je finis par m’éloigner, lui laissant la solitude qu’il cherchait. Après tout ça m’importait peu de l’agacer de cette manière… J’avais plus de subtilité lorsque j’emmerdais le monde. Peut-être pas en fait… Mais j’avais moi aussi besoin de me retrouver seule, trop épuisée pour me confronter à lui, trop déçue par son comportement pour chercher à arranger quelque chose. Mon regard était plus triste cette fois, mes paupières se fermant un instant sur le soleil. J’aurais aimée me gifler pour me préoccuper ainsi d’une chose si insignifiante. Même cette journée radieuse en devenait monotone. Heureusement que j’avais l’image de ce merveilleux tiramisu qui m’attendait dans mon réfrigérateur pour embellir mes quelques heures de répit.



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MessageSujet: Re: [Pv Kaleb.] Armée de l'inconscience. Dim 1 Juil - 18:31

« A bientôt ! » Finit-elle par lancer en s’éloignant.

J’avais tout mis en œuvre pour la repousser, pour éviter ce lien qui se tissait entre les loups. Mais j’avais beau me dire que cela marcherais, la regardais partir, rien n’y changeait. Elle me révulsait autant quelle m’intriguait. Etais-ce mon côté alpha que je tentais toujours de repousser qui jouait sur mon instinct ?

Sans aucun doute… de toute façon, je doutais qu’elle me lâche ainsi, surtout que visiblement, j’étais son seul contact avec notre espèce. Enfin dans tout les cas, elle pensait que j’étais contre ma propre nature et je ne voulais surement pas la contredire. Bien que j’avais accepté l’état de fait depuis des années, j’aimais faire penser le contraire, cacher ma différence avec mes congénères. Après tout qui voulait devenir le chef d’un groupe de semi-humains incontrôlables certaines nuits.

Bon je ne pouvais que me questionner sur la santé mentale de la louve. Mais cela ne serait un problème que si Lexi venait à être blessée. Surtout depuis que j’avais vu les marques sur le dos d’Aria. En songeant à elle j’en oubliai presque la soirée à venir et la mise en place de ma propre cage pour la nuit. Je ne pouvais passer deux nuits de suite sur l’île à moins de vouloir éveiller les soupçons sur le nombre de morts animales suite à mes chasses. D’autant qu’à présent que je savais la louve assez mature pour se fermer je n’avais à craindre que l’irruption d’un inconscient dans ma propre demeure.

Je démarrai donc sans attendre le moteur tout en contemplant la jeune louve sur le chemin boisé.

« A bientôt, j’en suis certain » J’aurai aimé qu’il en soit autrement. Mais la louve malheureusement semblait trop têtue pour ne serait-ce que me faire penser qu’elle oublierait Lexi ou moi sur son chemin. Et je savais aussi pertinemment que j’avais beau tout faire pour tenir loin de moi tout ce petit monde (humains, vampires, loups, sorciers…) rien ne fonctionnait bien longtemps.

Terminer


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